L’entretien de Jean-Marie Le Pen dans Rivarol

L’entretien accordé par Jean-Marie Le Pen à Rivarol fait aujourd’hui la une de la presse. Les propos qu’il y tient n’ont rien de nouveau : il ne fait que répéter les positions qu’on lui connaît sur « le monde blanc » (l’article de Nicolas Lebourg sur le sujet mérite d’être lu), sur Pétain, sur les immigrés « qui nous gouvernent », sur les homosexuels, sur la République et la démocratie.

gruau, rivarol

Si ces positions sont connues et répétées par Jean-Marie Le Pen depuis plus de trente ans, le Front national envisage aujourd’hui de sanctionner son président d’honneur. Il ne s’agit pas en effet de sanctionner les opinions déclarées et revendiquées par le député européen du FN, mais plutôt de rejeter un « mauvais coup de communication » du point de vue de Marine Le Pen.

Plusieurs cadres du Front national, à l’exception pour le moment de Bruno Gollnisch, ont ainsi exprimé leur souhait de marginaliser Jean-Marie Le Pen au sein du parti, et peut-être même de l’en exclure.

Certains élus et candidats locaux du Front national soutiennent tout de même Jean-Marie Le Pen. C’est notamment le cas de Jean-Christophe Gruau, élu du FN à Laval et candidat aux départementales, qui refuse de « bouder son plaisir » à lire cet entretien. Le conseiller municipal de Mayenne explique aussi que Jean-Marie Le Pen est un « homme libre » qui « ne botte pas en touche », et « qu’il faut de tout pour faire un bon FN ». Au sujet de Pétain, Jean-Christophe Gruau ajoute : « On tape sur Pétain, puis viendra le tour de De Gaulle, Pompidou et consorts. Marre de cette haine anti-française ! »

On peut aussi citer Frédéric Boussard, candidat aux départementales à Ploemeur (Morbihan) qui n’est pourtant pas connu pour son attachement à la liberté d’expression puisqu’il a déclaré souhaiter la fermeture d’iTélé une fois le Front national arrivé au pouvoir. Le nouveau compte Twitter du candidat, sur lequel il a apporté son soutien à Jean-Marie Le Pen, est aussi un concentré d’antisémitisme virulent et, plus largement, d’appel à la haine et à la violence.

Plus important que ces soutiens de forme cependant, sont les soutiens régulièrement apportés à ces positions par des cadres, élus et candidats du Front national, qui vont d’ailleurs souvent plus loin que le fondateur de leur parti.

Mis à jour le 9 avril, à 12h50 : Un étonnant site internet pour une candidature de Jean-Marie Le Pen à l’élection présidentielle de 2017 (et qui revendique le statut de « site officiel ») a fait son apparition sur la page Facebook de soutien au fondateur du parti. Selon le Whois (une sorte d’annuaire des sites internet), le nom de domaine du site a été réservé le 26 mars 2015.

Mis à jour à 19h20 : Suite à une erreur d’un site d’information, Jean-Marie Le Pen a confirmé ne pas en être à l’initiative. Nordpresse.be, qui se présente comme le « Gorafi belge » et qui a déjà irrité le Front national avec une précédente initiative (le site votefnetgagne5euros.com), a revendiqué la paternité du site.

Plusieurs membres du Front national continuent de suivre la page Facebook qui a relayé le site  jeanmarielepen2017.com : Stéphane Poncet, candidat régulier pour le parti et responsable du FN à Villeurbanne, en « aime » par exemple un des posts.

La rédaction