Premières révélations sur les têtes de liste du FN aux élections régionales

Nous publions aujourd’hui, avec le journal Le Monde, nos premières informations sur les candidats du FN aux élections régionales du 6 et 13 décembre prochain.

Samuel Potier, tête de liste en Loire-Atlantique évoquée dans l’article du Monde, est l’auteur de nombreux autres dérapages : il se demande si on peut être à la fois « Français » et « isréalite », et s’interroge aussi en janvier 2015 sur la « différence entre la république française et daesh ??? » [triple-sic]. Il trouve « lamentable et scandaleux » qu’une association anti-homophobie obtienne un agrément pour pouvoir sensibiliser en milieu scolaire. Il trouve encore un « bon fond » à l’incendiaire d’un temple franc-maçon.

samuel potier

De très nombreuses informations vont suivre dans les prochains jours afin de montrer que les têtes de liste du FN, mais aussi ses cadres nationaux, tiennent tout aussi souvent des propos nauséabonds que les « petits candidats » dont la presse a aujourd’hui pris l’habitude de parler.

Vous pouvez retrouver l’article du Monde ci-dessous, ou directement sur leur site.

La rédaction

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Régionales : des candidats FN loin de la dédiabolisation voulue par le parti

Le Monde | | Par Olivier Faye

Le Front national cherche des cadres. C’est la logique qui préside à la stratégie impulsée par Marine Le Pen depuis 2012, qui a fait du maillage territorial de son parti un élément essentiel pour conquérir l’Elysée. Municipales, départementales, régionales… A chaque scrutin, le parti d’extrême droite tente de présenter et de faire élire un maximum de candidats pour déceler parmi eux de potentiels responsables locaux sur lesquels pourrait s’appuyer la formation d’extrême droite.

Problème, cette stratégie se heurte parfois à un vivier de candidats peu professionnels ou peu en phase avec la dédiabolisation voulue par le parti, et qui n’hésitent pas à écrire sur les réseaux sociaux le fond de leur pensée. C’est le cas pour ces élections régionales des 6 et 13 décembre.

Le site L’Entente, opposé au Front national, animé par des sympathisants de gauche, publie ainsi plusieurs messages de cette nature qui ont été écrits sur Facebook ou Twitter. Et parmi les 1 900 candidats présentés en France métropolitaine par le parti de Marine Le Pen, ce phénomène ne concerne pas que des personnes placées en bout de liste, mais aussi des chefs de file départementaux.

« La France a besoin d’un coup d’Etat »

Thierry Sénéclauze, qui a obtenu la première position dans la Drôme sur les listes de Christophe Boudot, candidat FN en Rhône-Alpes-Auvergne, a ainsi écrit sur Facebook, le 14 août, au-dessus de la photo d’un drapeau tricolore : « Je suis bleu blanc rouge. Pas noir. » Le 20 août, il a partagé une courte vidéo montrant une femme surprise dans un supermarché en train de voler des produits qu’elle tentait de dissimuler sous son voile et lâché ce commentaire : « Contre les sacs en plastique, offrez-vous une musulmane voir une burka ».

Capture d'écran du message de Thierry Sénéclauze posté sur Facebook le 14 août et aujourd'hui effacé.

Un mois plus tôt, le 20 juillet, il écrivait, toujours sur Facebook : « Nous allons affronter une terrible guerre civile qui va déboucher sur une troisième guerre mondiale. Le compte à rebours a commencé. La France a besoin d’un coup d’Etat. » Tous les messages ont été effacés depuis.

Message de Thierry Sénéclauze sur Facebook.
Message de Thierry Sénéclauze sur Facebook.

Dans l’Ouest, Bertrand Iragne, secrétaire départemental de la fédération du Morbihan et tête de liste pour ce département, s’est quant à lui interrogé, dans un jeu de mots mêlant franc-maçonnerie et judaïsme, sur la présence du Grand Orient de France sur Twitter : « Grand Orient de France sur Twitter. Ouverture au Monde ou #Compas – #Sion ? »

« C’est un propos dégueulasse »

Son voisin de Loire-Atlantique, Samuel Potier, lui aussi secrétaire départemental et tête de liste dans son département pour les régionales, avait réagi, le 9 décembre 2014, à un propos de Michel Zerbib, journaliste à Radio J, relayé sur Twitter par le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France). « Les juifs de France sont chez eux partout, les antisémites ne sont chez eux nulle part », avait déclaré le journaliste. Ce à quoi M. Potier a ajouté : « Sans commentaires… #jesuispartout ». Invitée à réagir, la direction du Front national n’a pas répondu aux sollicitations du Monde.

Message publié par Samuel Potier sur Twiter.

Le FN a déjà annoncé, mardi 24 novembre, qu’il allait convoquer devant la commission de discipline du parti un candidat en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes coupable d’avoir comparé sur Facebook l’islam à « une hydre puante et mortifère ». « C’est un propos dégueulasse », a réagi à son sujet Florian Philippot, vice-président du FN, qui tient à donner une image de fermeté. Impossible néanmoins de lui retirer son investiture, puisque les listes ont déjà été déposées en préfecture.

Le parti d’extrême droite avait déjà été confronté à ce genre de problème pour les départementales, en mars. De l’avis de plusieurs dirigeants, il avait alors « raclé les fonds de tiroirs » pour trouver 4 000 candidats, titulaires et suppléants, et être présent sur la majeure partie du territoire.

Olivier Faye