Une tête de liste du FN dénonce le soutien de catholiques nationalistes à Sarkozy, qui a « confié la culture à un gay »

Nous publions ces propos, ainsi que quelques autres, avec le Scan du Figaro. L’ensemble de ces informations est à retrouver ci-dessous.

pascal gannat

La rédaction

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Régionales : le FN à nouveau confronté aux outrances de certains candidats

LE SCAN POLITIQUE – Plusieurs cas de dérapages de têtes de listes frontistes sur les réseaux sociaux renvoient le parti aux difficultés rencontrées lors des précédents scrutins.

Depuis l’arrivée aux commandes du parti en 2011, Marine Le Pen a fait du déploiement du parti sur l’ensemble du territoire l’un de ses axes stratégiques majeurs. Lors des élections locales où des centaines de candidats – 1900 candidats pour les élections régionales -, doivent être trouvés pour boucler les listes, le parti est confronté de façon récurrente à des problèmes de casting. La base historique de militants ne fournit pas toujours en suffisance des effectifs compétents et adeptes des versions édulcorées des doctrines portées par Jean-Marie Le Pen. Une situation qui a pu déboucher sur des crises internes, et même des dissidences pour les prochaines régionales. Aux élections municipales et départementales, la nette progression du FN s’est trouvée entachée par une multiplication de propos outranciers tenus par certains de ses candidats, sur les réseaux sociaux notamment, renvoyant le parti à ses vieux démons. Le scrutin des régionales des 6 et 13 décembre ne semble pas faire exception.

Après chaque élection, «dédiabolisation» oblige, la commission de discipline du Front national a auditionné et sanctionné un certain nombre de candidats pour tenter d’écarter les «brebis galeuses», selon les mots de la présidente du parti. En amont des campagnes, des dispositifs pour améliorer la qualité du recrutement ont également été mis en place: Marine Le Pen a même procédé elle-même à l’audition de ses colistiers pour s’assurer du profil de chacun. Malgré les garde-fous, le dérapages persistent, comme le souligne la récente colère de Florian Philippot contre Pierre Dinet, candidat sur les listes FN en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, et promis à des sanctions pour avoir notamment décrit l’islam comme «une hydre puante et mortifère».

De nouvelles révélations publiées par le site anti-FN l’Entente en collaboration avec plusieurs médias démontrent que le phénomène ne concerne pas seulement des anonymes, mais également des têtes de listes.

» Thierry Sénéclauze, tête de liste FN dans la Drôme,

Au mois de juillet, le chef de file départemental du FN et tête de liste dans la Drôme publie ce message sur Facebook: «Nous allons affronter une guerre civile qui va déboucher sur une troisième guerre mondiale. La France a besoin d’un coup d’État». Toujours sur Facebook le 14 août dernier, il donne le ton. Au-dessus d’un drapeau français, il écrit: «Je suis Bleu, Blanc, Rouge, pas noir». Six jours plus tard il affiche ce commentaire à la suite d’une vidéo montrant une femme volant des produits dans un supermarché sous un voile islamique: «Contre les sacs plastiques, offrez-vous une musulmane, voire une burka». Comme le relève le journal le Monde, il a depuis expurgé son profil des messages douteux.

 

» Pascal Gannat, tête de liste régionale FN dans les Pays-de-la-Loire

Confronté en décembre 2014 à la colère de certains catholiques nationalistes, heurtés par la promotion de Sébastien Chenu au sein du FN, ce militant historique du FN intervient sur le site Nouvelles de France, dont il est un lecteur régulier. Pour défendre la décision de Marine Le Pen, il renvoit les commentateurs à leur propre comportement en 2012: «Pour rappel, les cathos religieux, et supérieurs de fraternités ayant lancé des appels solennels à voter Sarko le Gender (sic), faisaient voter pour celui qui devait voter la culture à un homosexuel, Frédéric Mitterrand. Leur champion Sarkozy qui devait nous éviter le mariage gay (…) Vous avez soutenu la culture confiée à un gay», assène Pascal Gannat. «Diffamer le FN n’est pas péché, le FN est le goy de ce genre de catholiques», se plaint-il un peu plus haut. Contacté par le Scan, il explique ces propos: «Je ne vois pas bien pourquoi les catholiques conservateurs reprochent au FN la venue de Sébastien Chenu (à laquelle Pascal Gannat n’a jamais été opposée, ndlr). Ceux-là même ont voté massivement pour l’UMP qui était favorable contrat d’union civile. Mais les milieux catholiques bourgeois sont matérialistes, ils sous-traitent les sujets sociaux à des partis de droite qui les bernent et sont au final plus intéressés par les aspects économiques que par la morale».

 

» Samuel Potier, tête de liste FN en Loire-Atlantique

Samuel Potier fait campagne aux côtés de Pascal Gannat et mène la liste FN en Loire-Atlantique. Le 7 Janvier 2015, jour des attentats qui ont visé Charlie Hebdo, il commente ainsi l’exécution d’un policier par les terroristes boulevard Richard Lenoir à Paris: «La lâcheté des musulmans n’a pas de limites: tirer sur un homme à terre qui implore». Le 12 janvier il s’indigne à nouveau des mesures de sécurité visant les écoles juives cette fois. «Pourquoi ne protéger que les écoles juives? Il s’agirait donc d’un problème communautaire?» écrit-il sur Twitter, ajoutant ironiquement la mention #PasdAmalgame. Deux semaines plus tard, ce chef de file départemental du FN publie sur son compte Twitter une image montrant les massacres de prêtres par des hommes portant le bonnet phrygien, une référence à la guerre civile qui a suivi la Révolution française. Il accompagne le dessin de la mention: «Quelle différence entre la république française et Daesh?». Une tirade à laquelle viennent s’ajouter de nombreuses autres sorties islamophobes assumées par Samuel Potier comme a pu le soulever le Lab.

 

» Sophie Robert, tête de liste FN départementale dans la Loire

La secrétaire départementale du FN dans la Loire, inscrite sur les listes de Christophe Boudot, relaie régulièrement les publications de sa section sur Facebook. Le 9 février, un article veut «dire la vérité aux Français» en contournant l’interdiction des statistiques ethniques en France, et dresser ainsi la «carte de France du grand remplacement». Le tout en se basant sur un document produit par l’association française de dépistage et de prévention du handicap, et qui évoque la répartition sur le territoire de malades de drépanocytose, une maladie qui «touche essentiellement les personnes originaires des Antilles, d’Afrique du Nord et d’Afrique Noire», selon le FN 42. Quelques jours plus tard, le 16 février 2015, un titre s’interroge sur «les influences» auxquelles sont soumises les socialistes. Suivent deux vidéos. Dans l’une, François Mitterrand, interrogé en 1994, refuse que la France s’excuse pour les crimes de Vichy. L’autre est un extrait d’une interview de Manuel Valls en juin 2011 pour Radio Judaïca Strasbourg, dans laquelle l’actuel premier ministre affirme son attachement à Israël. «François Mitterrand n’était soumis à aucune influence. Manuel Valls l’est-il?», interroge le titre.

» Vincent Gérard, tête de liste départementale dans la Haute-Vienne

Dans un registre différent, Vincent Gérard a été condamné en septembre 2013 à une peine de quatre mois d’emprisonnement avec sursis pour violences avec ou sous la menace d’une arme, pour des faits remontant au 1er avril 2012 et qui visaient un patron de bar à Limoges. Marine Le Pen s’était montrée intraitable sur son cas. «S’il est condamné, je pense qu’il ne devra plus rester et serait démis de ses fonctions au sein du parti», avait-elle considéré, vantant la sévérité sans pareil de la discipline au FN. Cette condamnation ne l’avait pas empêché de se présenter aux municipales 2014 à Limoges, et il est encore aujourd’hui tête de liste de son parti en Haute-Vienne.

Un autre candidat de premier plan, Christophe Boudot, qui mène la liste en Auvergne Rhône Alpes, a été déjà épinglé au cours de la campagne pour sa proximité avec le milieu identitaire lyonnais et pour avoir considéré que «tous les Français étaient pétainistes en 1940».