Le FN dénonce « l’eurofascisme »

Louis Aliot a retweeté, ce vendredi, un message du trésorier du collectif FN des étudiants (le Collectif Marianne) qui assure que les valeurs de l’UE sont « l’eurofascisme » [sic] : « L’UE ne s’y trompe pas: en soutenant le gouvernement ukrainien, elle défend ses valeurs: l’eurofascisme. »

Louis Aliot, Aloïs Navarro

Ce vocabulaire est désormais habituel au Front national qui, pour répondre à l’éternelle accusation de « fascisme » à son encontre, reprend aujourd’hui le lexique de la résistance. Marine Le Pen avait ainsi comparé, en 2010, les prières de rue à « l’occupation allemande ». Des cadres, élus et candidats du FN continuent cependant à faire des blagues sur le régime nazi ou à citer Adolph Hitler.

Ce n’est pas la première fois que le FN se montre aussi dur sur l’Ukraine, et plus particulièrement sur le gouvernement qui s’était mis en place avec des membres du parti Svoboda. L’accusation était cependant tombée à plat. Il faut dire que le Front national a longtemps entretenu des relations avec Svoboda : une rencontre, qui n’a pas été remarquée par la presse, a même été organisée en 2013.

Le Front national est, selon le politologue Pascal Perrineau, en voie « d’emballement » sur le sujet. Celui-ci a déclaré à Mediapart, après le congrès du Front national : « Je ne les ai jamais vus aussi engagés sur la Russie. On a l’impression d’un emballement. Et surtout, cela prouve qu’un lobby pro-russe est à la manœuvre. Ce qui n’est pas fait pour rassurer leurs potentiels partenaires. Cela manque de maturité politique. En politique, la confiance égare. » Ces discours font suite aux polémiques sur l’emprunt du FN à une banque tchéco-russe, emprunt dans lequel la presse russe voit une intervention de Vladimir Poutine.

Le FN a plutôt l’habitude, pour dénoncer l’Union européenne, d’utiliser le terme d’UERSS, terme qui a été analysé par un militant européen. Cette expression s’appuie un certain nombre d’exagérations sur les compétences européennes, compétences dont on peut bien entendu discuter, à condition de les connaître. Nous avons décortiqué ces erreurs et mensonges au cours d’un article précédent.

Nous avons aussi révélé, dans ce même article, une récente bévue de Louis Aliot sur le budget européen : celui-ci a affirmé au cours d’un entretien que le déficit européen est de 300 milliards… alors le budget de l’UE est de moins de 150 milliards d’euros pour 2014.

La rédaction