Une cadre du SIEL dénonce la « foi homosexualiste »

Véronique Hervouët est vice-présidente du SIEL, parti allié du Front national au sein du Rassemblement Bleu Marine. Nous l’avons précédemment évoquée dans une lettre ouverte à Sébastien Chenu, lettre dans laquelle nous citons et révélons plusieurs propos homophobes (publics) de cadres, élus et candidats FN.

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Celle-ci, qui est psychanalyste, pense en effet qu’on peut « s’interroger sur l’activisme en présence qui consiste à présenter l’homosexualité sur un mode victimaire alors même qu’elle est publiquement présentée comme un nouveau modèle. Car ça n’est pas une vue de l’esprit : le marketing, la pub, la mode, les compagnies d’assurance, les fictions-télé (pour enfants comme pour adultes, et plus particulièrement pour les adolescents), les campagnes politiques s’appliquent à flatter l’homosexualité, à l’instrumentaliser comme un argument de séduction et de vente. Cette promotion de l’homo n’est pas seulement le fait de la communauté homosexuelle, fut-elle sur-représentée parmi les instances médiatiques et culturelles et constituées en efficaces lobbies politiques ». Et ajoute : « Ces stratégies, qui associent l’activisme militant et les campagnes publicitaires, affichent une prédilection pour les milieux scolaires. La jeunesse adolescente et pré-adolescente, en plein éveil sexuel, présente en effet l’avantage d’un fort potentiel réceptif et constitue un vecteur de pérénité pour la cause homosexualiste. […] A l’instar de représentants de commerce, des militants de la cause homosexuelle […] sont introduits officiellement dans les écoles, légitimés à empiéter sur le temps scolaire, à sensibiliser les jeunes à l’homosexualité et à la valoriser. » Ces propos vont (bien) plus loin que ceux qui dénoncent un « lobby homosexuel » prétendu omniprésent.

La vice-présidente du SIEL se sert aussi d’expressions comme « foi homosexualiste », « nouvelle norme homosexualiste », « prosélytisme homosexuel », et a l’impression que « nous voyons des hommes politiques envisager – au nom de la démocratie… – d’autoriser l’application de la charia […] des hommes politiques s’employer à revaloriser l’euthanasie, le corps médical valider l’eugénisme, le marché des organes, des institutions commencer à légitimer politiquement la pédophilie ».

Elle déclare encore, sur l’homosexualité : « Ce n’est plus au sujet qu’il revient d’assumer son sexe et son orientation sexuelle ou de faire un travail sur lui-même s’il ne les assume pas. C’est à la société toute entière d’accepter de remettre en cause la réalité sexuelle, de répudier les fondements normatifs hétérosexuels qui supportent ses structures sociales et juridiques, de renoncer à ses fondements anthropologiques et culturels, c’est-à-dire de consentir à sa destruction. »

Véronique Hervouët, finalement, reproche aux hommes homosexuels… de ne pas aimer les femmes. Elle se place même en compétition avec eux : « L’homosexualisme est l’issue de secours dans laquelle se sont engouffrés tous les reliquats de cette défaite, mais aussi le solde des narcissismes en quête d’un nouvel espace d’épanouissement et de conquêtes. C’est ainsi que les espoirs déçus se redéployèrent dans un nouveau credo : une « libération homosexuelle », fondée sur l’amour du même. Amour-miroir, plus que jamais narcissique où est éludée la rencontre avec l’Autre, c’est-à-dire la problématique de la différence sexuelle qui lui est sous-jacente », « nouveau credo » qui serait responsable d’une « régression vertigineuse : l’aggravation des conflits entre les sexes et la restauration de cette configuration archaïque qu’est la bipartition sexuelle […] certaines de ces revendications visent le statut, supposé privilégié, accordé aux femmes depuis une trentaine d’années par les dispositifs juridiques de la société occidentale contemporaine ».

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C’est encore cette concurrence qui l’occupe au sujet de la « loi anti homophobie » (votée « dans un contexte de recrudescence exponentielle des atteintes à la sécurité et à la dignité des femmes, [ce qui] est indicatif de l’indifférence des pouvoirs publics à l’égard de la déchéance du statut féminin ») ; c’est encore cette concurrence qui l’envahit lorsqu’elle parle de… pornographie (elle s’inquiète que la pornographie hétérosexuelle puisse être substituée par la pornographie « gay », « éliminant ainsi totalement les femmes de l’imaginaire hétérosexuel »), et de « surenchère des « gays », aux côtés de ce « féminisme » new-look, qu’ils instrumentalisent dans le sens de leurs intérêts ».

C’est toujours cette obsession qui l’amène à écrire : « la dévaluation du sexe féminin, qui lui est traditionnellement associée et fonde la mysogynie, non seulement ne faiblit pas sous l’influence de l’homosexualisme mais au contraire s’accentue et se généralise. Car si la relation hétérosexuelle a toujours été problématique, il n’en reste pas moins qu’elle se distingue de faire bon gré ou mal gré mais toujours avec l’autre. Tandis que l’homosexualité, opte radicalement pour le choix de faire sans l’autre. » Véronique Hervouët semble penser que les homosexuels représentent une menace essentielle pour les femmes ; que la condition des femmes se dégrade inexorablement avec l’amélioration de la condition homosexuelle ; et semble oublier l’existence de l’homosexualité féminine (qui, elle, « opte radicalement pour le choix de ne faire qu’avec la femme »).

Véronique Hervouët écrit par ailleurs pour Riposte laïque, association qui prétend combattre « l’islamisation » de la France.

Le SIEL, parti dont elle est vice-présidente et qui est allié du FN au sein du Rassemblement Bleu Marine, a connu plusieurs remous au cours des mois précédents : politiques, judiciaires et même, sur la fin, policiers. Son ancien président, Paul-Marie Coûteaux, qui prônait une alliance des droites et qui dénonçait régulièrement la « coquille vide » que serait le Rassemblement Bleu Marine, a dénoncé un « putsch » de Marine Le Pen. Celle-ci lui avait annoncé en avril dernier sa volonté de ne plus travailler avec lui après de nombreuses polémiques, publiques (des propos sur les Roms, ainsi qu’un flagrant délit de mensonge lors d’un reportage du Supplément politique) et internes.

Paul-Marie Coûteaux a depuis donné un entretien pour dénoncer l’attitude de Marine Le Pen, parlant notamment d’un manque de diplomatie et de culture de sa part.

Marine Le Pen n’a cependant pas voulu rompre ses relations avec le parti, qui avait été créé en 2012 pour attirer le vote souverainiste de droite vers Marine Le Pen.

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Plusieurs réunions de comité, et procédures, ont suivi pour tenter de régler une crise interne qui a duré… six mois, entre Paul-Marie Coûteaux, fondateur du SIEL, et Karim Ouchikh, son ancien numéro 2, qui est, en fin de compte, devenu président du parti. La version que défend la nouvelle présidence du SIEL, qui résume l’ensemble des rebondissements, peut être lue sur le site du SIEL. Paul-Marie Coûteaux donne une interprétation différente de certains événements : de la réunion du 21 juin 2014, il dit que « 24 personnes réunies en dehors de toute règle statutaire ne sont pas habilitées à parler au nom du parti que je préside ». Karim Ouchikh s’est servi de la lettre bimensuelle du parti pour répondre, en longueur, aux accusations de Paul-Marie Coûteaux. L’ensemble vaut la peine d’être lu pour entrevoir les dissensions qui peuvent exister autour de Marine Le Pen.

Karim Ouchikh n’a pas hésité à se servir du site du SIEL pour faire la promotion de sa candidature, comme on peut le voir ici. Il a aussi listé l’ensemble des personnalités qui l’ont soutenues, dont Marine Le Pen.

Celui qui est aussi un proche conseiller de Marine Le Pen a par ailleurs parlé de « grotesque tentative de m’exclure de notre mouvement, refus de communiquer le fichier des adhérents ou de vous transmettre a profession de foi » et a dénoncé, pour la tenue du congrès, une « intimidation par la présence dans le quartier de « gros bras » ; tentative avortée de faire évacuer la salle par la police ; bulletins de vote dérobés… ». Les « gros bras » seraient ceux de Serge Ayoub, leader historique des skinheads.

Les candidats concurrents de Karim Ouchikh ont finalement renoncé à leur candidature le jour du congrès.

Plusieurs cadres du parti se sont fait remarquer pour leurs propos par le passé, comme Catherine Rouvier, qui regrette les « tristes amours anales ». Le parti a aussi présenté, aux dernières législatives, un candidat (Tony Lambert) qui revendique sur Facebook son affection pour les SS.

Plusieurs connaisseurs de l’extrême-droite, dont Laurent de Boissieu (La Croix) et Abel Mestre (Le Monde), considèrent que si le SIEL a d’abord été créé pour être une passerelle entre l’UMP et le FN, le parti sert aujourd’hui de passerelle entre le FN et les différents groupes identitaires (ainsi que le Printemps Français, scission radicale de la Manif pour Tous). Karim Ouchikh a aussi confié à Bernard Antony, figure du national-catholicisme, sa « totale opposition à la loi Veil de banalisation de l’avortement ».

Nous reprendrons les articles courant janvier. En attendant, une bonne fin d’année à tous !

La rédaction