Karim Khenissi, fondateur de l’ESMA, une école française devenue référence mondiale

Parcours d’un entrepreneur qui a su transformer une intuition pédagogique en référence mondiale de la formation artistique.

Un entrepreneur autodidacte au flair pédagogique

Il est de ceux que l’on cite peu dans les grands médias, mais que le monde de la création visuelle connaît bien. À 25 ans, en 1993, Karim Khenissi fonde à Montpellier l’ESMA – École Supérieure des Métiers Artistiques – avec une idée simple : combiner excellence académique et immersion dans la pratique. Trois décennies plus tard, l’établissement forme chaque année des centaines d’étudiants en animation 3D, jeu vidéo, design graphique et architecture d’intérieur, sur plusieurs campus en France et à l’international.

Né à Montpellier, Karim Khenissi grandit à Tunis, où il obtient son baccalauréat dans un lycée français. De retour en France pour suivre des études en économie, il quitte rapidement l’université, convaincu que l’enseignement doit s’adapter aux ambitions de la jeunesse plutôt que l’inverse. Il investit alors toutes ses économies dans la création d’une école tournée vers les métiers de la création numérique, encore balbutiants à l’époque.

L’ESMA, une école devenue référence mondiale

Avec seulement 14 élèves lors de sa première rentrée, l’ESMA débute modestement. Mais l’approche pédagogique séduit : encadrement exigeant, lien étroit avec les studios, mise en valeur du travail en équipe, et un socle technique solide. Cette méthode, qui privilégie l’apprentissage par projet et l’immersion professionnelle, devient rapidement la signature de l’école. L’école prend rapidement de l’ampleur et se déploie à Toulouse, Nantes, Rennes, Lyon, puis Montréal. Elle est aujourd’hui classée parmi les meilleures écoles mondiales d’animation 3D, avec plus de 4 000 diplômés intégrés dans les plus grands studios internationaux, de Pixar à Ubisoft.

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Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Selon le classement 2024 de The Rookies, l’ESMA figure en tête des écoles françaises dans la catégorie « Excellence en production 3D ». Un succès qui repose sur une stratégie claire : former des profils immédiatement opérationnels, tout en cultivant l’identité artistique de chacun.

Un leadership fondé sur l’écoute et la discrétion

À rebours de l’image classique du patron charismatique, Karim Khenissi se définit plutôt comme un bâtisseur de l’ombre. Peu enclin à la médiatisation, il préfère déléguer, faire confiance et s’entourer d’enseignants et de professionnels reconnus. Il revendique un leadership horizontal, fondé sur l’écoute, la réactivité et l’intuition.

« Ce qui me motive, ce n’est pas de diriger, c’est de créer des environnements où les gens peuvent se révéler », confiait-il récemment lors d’une rencontre avec des anciens élèves.

Sous sa direction, l’ESMA a su préserver un équilibre rare entre exigence académique et ambiance créative. L’école n’hésite pas à réinvestir ses bénéfices dans la recherche, l’équipement et l’ouverture de nouveaux cursus en anglais pour répondre à une demande internationale croissante. Cette politique de réinvestissement permanent lui permet de maintenir un parc technologique à la pointe, condition sine qua non pour former aux métiers de demain.

Une vision à long terme pour les métiers de demain

Plus qu’un simple gestionnaire, Karim Khenissi se projette comme un éclaireur. Il anticipe les mutations du secteur, adapte ses formations aux évolutions technologiques, tout en restant fidèle à son socle pédagogique : apprendre en faisant, expérimenter, échouer, recommencer. Ainsi, l’école a été parmi les premières à intégrer l’intelligence artificielle dans ses cursus, non comme une menace, mais comme un nouvel outil au service de la créativité.

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Face à une industrie de la création de plus en plus mondialisée et automatisée, il défend une formation humaniste, ancrée dans la culture du projet et la singularité des parcours. « L’IA peut reproduire, mais elle ne peut pas créer l’émotion unique que porte chaque artiste », rappelle-t-il régulièrement à ses équipes.

À l’heure où les écoles artistiques se multiplient, Karim Khenissi reste une figure à part : discret, constant, exigeant. Un entrepreneur qui a su bâtir, sans bruit, une institution respectée, et former des générations entières de créateurs devenus aujourd’hui les visages de la French Touch à l’international.

Pour en découvrir plus sur Karim Khenissi :

https://lejournaleconomique.fr/portraits/portrait-de-karim-khenissi-entrepreneur-et-fondateur-de-lesma/

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