Un mois et demi après qu’un nouveau jugement ait été rendu en faveur de la Ligue dans son conflit avec Canal + et BeIN Sports, les deux chaînes de télévision n’ont pas enterré la hache de guerre et ont décidé de se pourvoir en cassation. Le conflit juridique, qui a débuté en 2021 entre BeIN Sports, Canal + et la LFP, reste donc d’actualité.
Canal + et BeIN Sports continuent d’alimenter cette dispute en se pourvoyant en cassation dans leur différend avec la LFP au sujet du contrat accordé à Amazon Prime Video en juin 2021, information confirmée par une source proche du dossier, ainsi qu’un rapport de L’Équipe. Mi-janvier, les deux chaînes, qui s’estiment lésées par la Ligue de football professionnel et réclament près de 660 millions d’euros pour ce qu’elles qualifient d’« abus de discrimination », avaient vu leurs demandes rejetées par deux arrêts de la cour d’appel de Paris.
Le conflit entre ces chaînes et la LFP s’est intensifié depuis que les droits TV de la Ligue 1 furent attribués à Prime Video, la plateforme d’Amazon, en juin 2021. Cette attribution a suivi l’échec de Mediapro, qui avait acheté les droits principaux pour 784 millions d’euros par an en 2018, avant de ne pas tenir ses engagements. Les deux chaînes dénoncent un « abus de discrimination », faisant valoir que la LFP a favorisé Prime Video en lui cédant 80 % des droits de diffusion des matchs pour les saisons 2021-22 à 2023-24 (droits précédemment détenus par Mediapro) pour un total de 250 millions d’euros par an, alors qu’elles étaient obligées de diffuser des rencontres du lot 3 pour 332 millions d’euros par saison.
Vainqueur original de ce lot 3 pour la période 2020-24, BeIN Sports avait sous-licencié ses droits à Canal + au même tarif. Après plusieurs décisions judiciaires, l’autorité de la concurrence et le tribunal de commerce, la cour d’appel de Paris a rendu deux arrêts favorables à la LFP, confirmant ainsi les jugements de première instance de septembre 2023.